Contexte


Contexte économique et social

L’économie camerounaise est considérée comme l’une des plus dynamiques d’Afrique sub-saharienne. La croissance économique, principalement  soutenue par un secteur manufacturier unique en Afrique centrale, le port de Douala qui joue le rôle de hub régional, les revenus pétroliers, et la production agricole, s’est maintenue à des niveaux soutenus depuis 1996. C’est dans ce contexte que le pays a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays Pauvres et Très Endettés) en mai 2006.

Toutefois, les taux de chômage et de pauvreté au Cameroun sont particulièrement élevés en zone urbaine. 48% de la population camerounaise vit en dessous du seuil de pauvreté, tandis que le taux de chômage atteint 18% à Douala.

Un secteur de MPME dynamique mais peu soutenu

Dans ce contexte, le secteur des petites et moyennes entreprises, qui emploie près de 4,5 millions de personnes dont 1,4 million en zone urbaine, joue un rôle vital dans l’économie. Outre son impact sur l’emploi et la création de revenu, ce secteur représente pour la plupart des foyers, le fournisseur principal de biens et services courants.  

Malgré leur importance dans l’économie, ces entreprises n’ont qu’un accès limité aux services financiers et au crédit en particulier. On estime à 1% la proportion de foyers camerounais ayant reçu un crédit d’une institution financière. Ce pourcentage n’est pas plus élevé dans les grandes villes, Douala et Yaoundé. Bien qu’il existe d’autres sources de financement informelles pour les micro et petites entreprises, elles sont limitées et ne peuvent pas se substituer à un secteur financier adapté et performant. Ce manque d’accès aux services financiers représente un obstacle majeur à la survie et au  développement de ces petites entreprises.

Secteur Bancaire et Microfinance

La contribution des banques au financement de l’économie, bien que croissante, est encore très limitée au Cameroun. Les crédits bancaires au secteur privé représentent 9,7% du PIB contre 15% en moyenne en Afrique sub-saharienne. En particulier, les MPMEs sont exclues des crédit accordés par les banques commerciales, qui ont d'autre priorités stratégiques, comme en témoigne l'absence de crédits inférieurs à 15 000 EUR sont pratiquement inexistants dans leurs portefeuilles.

Il existe officiellement 500 IMF au Cameroun. Ce chiffre paraît élevé, mais une analyse plus fine conduite en 2007 montre que le secteur de la microfinance ne touchait alors que 3,5% de la population (850 000 clients). Les IMF existantes concentrent leur activité sur la collecte d’épargne et les services de transferts mais très peu sur le crédit, notamment aux micro et petites entreprises des zones urbaines comme Douala ou Yaoundé. La plupart des IMF ont un fort portefeuille à risque, ce qui montre leur fragilité en termes d’activité de crédit. 

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